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«La
crise de la langue arabe au Maroc entre cafouillage de la pluralité et
bafouillage de la traduction», est l'intitulé du livre que vient de
publier Abdelkader El Fassi Fihri, directeur de l'Institut d'études et de
recherches pour l'arabisation (IERA), aux éditions «Zaouiya».
Dans
cet ouvrage de 124 pages (petit format), l'auteur a, tout en apportant
quelques éléments de réponse à un ensemble de problématiques qu'il
considère les principales causes de cette crise provoquée au niveau de la
langue, souligne l'intérêt que revêt la traduction en matière de progrès
et d'accompagnement des nouveautés.
En
effet, la traduction permet d'effectuer un saut culturel qualitatif qui
n'admet pas le repli sur soi paralysant, a ajouté ce professeur de
linguistique arabe et littérature comparée.
Le directeur de l'IERA a fait remarquer que la traduction ne peut être
circonscrite à la connaissance de l'autre, ses spécificités, ses mœurs,
ses traditions, ses connaissances, ses créations artistiques et son éthique,
mais qu'elle fait évoluer " la conscience de soi" qui est en
contradiction non pas avec l'autre, mais avec notre «être culturel» qui
est pluriel, désormais.
«Nous sommes dans le besoin d'une transformation et d'un progrès culturel
qui doivent assimiler un ensemble de concepts et de principes moraux et
juridiques produits par l'autre, et devant devenir, pour nous, universels,
sans que l'on ressente forcément de la dépendance ou de la domination à
son égard», a souligné le professeur El Fassi Fihri.
La traduction est le moyen idoine pour assimiler les autres cultures, avec
leurs bienfaits et leurs revers, a-t-il indiqué.
Après avoir expliqué les interactions entre le texte traduit et l'original
ainsi que le lien qui s'installe entre «la langue du récepteur» et celle
de celui qui a écrit le texte original, le directeur de l'IERA a analysé
ces cafouillages dont souffre la langue et qui résident, selon lui, dans la
langue de l'enseignement et dans la manière dont est dispensée la langue.
Il a relevé les différents points de faiblesse de la langue arabe qui
l'empêchent de devenir une langue «opérationnelle», «souple», « saine»
et «aisée» s'étendant à toutes les formes d'expression et à la vie
quotidienne.
«La planification» et «la promotion de la langue» deviennent une nécessité
impérieuse, pour dépasser ces cafouillages qui ne sont pas le propre de la
langue arabe mais de toutes les langues des grandes civilisations, a souligné
le directeur de l'IERA.
D'où la nécessité, pour le Pr. El Fassi Fihri, de publication de livres
de grammaire, ainsi que de dictionnaires qui soient non seulement modernes
mais diversifiés dans leurs matières, rôles et approches.
Abdelkader El Fassi Fihri a à son actif plusieurs ouvrages, notamment «La
langue et l'environnement» (Editions Azzaman, 2003), «La comparaison et la
planification dans la recherche linguistique» (Dar Toubqal, 1998), «Le
dictionnaire arabe» (Dar Toubqal, 1986), «Les linguistiques et la langue
arabe»(Dar Toubqal, 1985), «Les linguistiques arabes : Formes et interprétations»
(Editions de la faculté des Lettres à Rabat, 1982).
Avec
MAP
16/03/2006
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