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Les traditions et
expressions orales, y compris la langue comme vecteur du
patrimoine culturel immatériel, les arts du spectacle, les
pratiques sociales, rituels et événements festifs, les
connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers et
les savoir-faire liés à l’artisanat traditionnel disposent
désormais d’un instrument juridique international qui prône la
sauvegarde du patrimoine immatériel par le biais de la
coopération.
La Conférence générale
de l’Organisation, réunie à Paris du 29 septembre au 17 octobre, a
adopté à une majorité écrasante ce 17 octobre la Convention pour
la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel,* qui vient
compléter le dispositif juridique consacré par l’UNESCO à la
protection du patrimoine.
« La sauvegarde du
patrimoine culturel immatériel est dans l’intérêt général de
l’humanité », dit la Convention, qui souligne le « rôle
inestimable » de celui-ci comme « facteur de rapprochement,
d’échange et de compréhension entre les êtres humains ». Pour
entrer en vigueur, elle doit compter un minimum de 30 Etats
parties.
Le Directeur général
de l’UNESCO, Koïchiro Matsuura, s’est félicité de la convention,
qui « fait écho à l’urgence qu’il y a à agir dans ce domaine ». M.
Matsuura a ajouté : « Il me reste à espérer que vous serez
nombreux à la ratifier afin qu’elle puisse entrer en vigueur au
plus vite ». Pour lui, « ce résultat est un bon exemple du travail
de médiation et de dialogue que notre Organisation est capable
d’accomplir sur les sujets les plus complexes ou controversés ».
De son côté, le
juriste algérien Mohammed Bedjaoui, ancien président de la Cour
Internationale de justice de La Haye, qui a dirigé les réunions
d’experts gouvernementaux pour la rédaction du texte, a déclaré :
« Malgré toute sa complexité, cette notion de patrimoine culturel
immatériel s’est affirmée et s’est finalement imposée à nous tous
comme une notion capitale pour comprendre les identités
culturelles des peuples […] Chaque mot de cette Convention est un
hommage reconnaissant aux créateurs, aux artisans de ce fabuleux
patrimoine, aux grands comme aux humbles et aux anonymes, aux
auteurs et aux gardiens du temple des traditions et des savoirs
des peuples ».
La Convention prévoit
en particulier l’élaboration d’inventaires nationaux des biens à
protéger, la création d’un Comité intergouvernemental de
sauvegarde du patrimoine culturel immatériel composé d’experts des
futurs Etats parties, ainsi que la constitution de deux listes :
l’une représentative du patrimoine immatériel de l’humanité et
l’autre regroupant des expressions de ce patrimoine nécessitant
une sauvegarde urgente. A la première de ces listes s’intégreront
à terme les Chefs-d’œuvre du patrimoine culturel immatériel,
proclamés en 2001 par le Directeur général sur recommandation d’
un jury international présidé par l’écrivain espagnol Juan
Goytisolo **. Ce programme continuera jusqu’au moment où la
convention entrera en vigueur.
Le texte souligne par
ailleurs que la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel est
un processus complexe qui implique de multiples acteurs, à
commencer par les communautés et groupes qui lui donnent vie. En
vertu de la convention, les activités de sauvegarde seront
financées par un fonds dont les ressources proviendront notamment
des contributions des Etats parties, des fonds accordés à cette
fin par la Conférence générale de l’UNESCO, ainsi que des
versements, dons ou legs faits par d’autres Etats, organisations
ou personnes privées.
Selon Mounir Bouchenaki, Sous-Directeur général pour la culture,
la nouvelle convention « pourra bénéficier des trente ans
d’expérience de l’UNESCO dans le domaine du patrimoine matériel »,
qui, lui, est protégé par la Convention de 1972, « qui a servi de
modèle au nouveau texte quand il l’a fallu.»
L’adoption de la
nouvelle convention est le résultat d’un long processus de prise
de conscience qui s’est intensifiée ces dernières années mais qui
remonte à la Conférence de Mexico de 1982, quand les Etats membres
de l’UNESCO ont évoqué pour la première fois la notion
d’immatériel pour se référer à l’ensemble des productions
spirituelles de l’homme. En 1989, l’UNESCO a adopté la
Recommandation sur la sauvegarde de la culture traditionnelle et
populaire ; mais sa nature non contraignante ne lui a pas donné
toute l’efficacité souhaitée. La proclamation des premiers
chefs-d’œuvre, en 2001, avait considérablement stimulé l’intérêt
porté au patrimoine immatériel et permis une meilleure perception
de son rôle essentiel dans l’identité culturelle des peuples. La
deuxième proclamation aura lieu le 7 novembre 2003.
Source: Unesco
Le texte complet de la Convention |
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