|
Du
22 au 24 mai, la Colombe Blanche a vibré aux sons du luth. Pour la 11ème
édition, la plus andalouse des villes marocaines, a abrité le Festival
international du luth. Un événement organisé par le ministère de la Culture
en partenariat, notamment, avec la wilaya et la commune urbaine de Tétouan.
Vendredi 22 mai, à 20h30, a été donné le coup d’envoi de cette
manifestation culturelle internationale qui a investi, trois jours durant, la
scène du somptueux Théâtre espagnol. International, ce Festival l’est très
certainement de par les artistes qui ont animé ses soirées; des artistes venus des Etats-Unis, d’Europe mais surtout du monde arabe.
Les artistes
marocains ont également eu leur place, comme l’a précisé Mehdi Zouak,
délégué régional de la Culture, lors d’une conférence de presse, puisque
de grands luthistes marocains se hissent actuellement au devant de la scène
artistique internationale par leur talent…
La première soirée a été animée par l’Irakien Naseer Shamma, le Marocain
Tarek, l’Américaine Julia Banzi et Charlie Bisharat de Palestine réunis,
malgré leurs origines différentes, autour d’un seul et même langage: la
musique.
Un hommage a également été rendu au musicien marocain Abdellah
Issami. Samedi, c’était au tour du trio Eduardo Paniagua (Espagne), Felipe
Sanchez Maskoniano (Espagne et Ouafir Chaikh Eddine (Soudan) ainsi que du duo
Yannis Papaionnou (Grèce) et Franco Molinari (Italie) de se produire aux
côtés du groupe syro-jordanien 7è corde.
Cette prestation a montré ô
combien le luth, instrument symbolique de la musique arabe, est partagé par
différentes cultures. Rappelons que le luth a notamment été au cœur de l’histoire
artistique andalouse. Après le départ des Mauresques de l’Espagne musulmane,
l’instrument est resté puis a été repris par les troubadours de l’Espagne
chrétienne, au Moyen-age… C’est notamment l’évolution du luth à la
guitare baroque que l’Espagnol Eduardo Paniagua, spécialiste en musique
médiévale espagnole, voulait mettre en évidence en conduisant cette soirée
du samedi.
Dimanche, le public tétouanais pouvait apprécier les prestations d’Ahmed
Fathi (Yémen) Douaa Abdou Rabbeh (Egypte) et Mohamed El Khlifi (Maroc), des
Marocains Khalid Badawi et Khalid Isbah mais aussi du trio marocain Tarab.
L’une des originalités de cette édition est d’avoir programmé des
master-class dirigés par Khalid Badaoui à l’adresse des étudiants et
enseignants du Conservatoire de musique de Tétouan. Le Festival a également
changé de lieu puisque après avoir investi, les premières années, les
Jardins de Dar Sanae (la Maison des métiers d’art) puis, jusqu’à la 10ème
édition, la Maison de la Culture de Tétouan, il s’installe au sein d’un
lieu mythique de la culture à Tétouan: le Théâtre espagnol pour un jour,
mais qui finira, comme le répète M. Zouak, par investir les trois scènes en
même temps.
Il est vrai que le Festival du luth de Tétouan bénéficie d’un
budget réduit par rapport à d’autres festivals accueillis par la ville, mais par le sérieux de son organisation artistique, il a su perdurer dans le
temps. Les organisateurs nous donnent d’ores et déjà rendez-vous pour la
prochaine édition.
25/05/2009
Amel Nejjari
Voir Également:
Page
Musique
Programme spectacles:Voir
Agenda
Découvrez nos sélections musique |