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Quelques
jours seulement après la sortie virulente du Ministre de la
Justice contre la presse indépendante, l'accusant
de "semer désespoir et découragement et porter attente aux institutions
nationales et aux constantes islamiques du Maroc", la justice passe à l'action en lançant une série de procès contre des journaux
indépendants pour "diffamation" ou pour avoir abordé des sujets
politiques sensibles.
En
effet, la parquet de Casablanca a décidé le 22 décembre de poursuivre
l'hebdomadaire Al Ayam suite à la publication un dossier intitulé:
"Secrets du harem du palais entre trois rois" dans son édition du 6
novembre dernier.
"Le
directeur d'Al Ayam Nour Eddine Miftah et la journaliste Meriem Moukrim, auteur
du dossier, seront jugés le 23 janvier à Casablanca pour diffusion de +fausses
informations+ et publication +sans autorisation+ de photos de membres de la
famille royale," selon un communiqué de la MAP. Ces délits sont passible,
en vertu de l'article 42 du code de la presse, d'une peine allant d'un mois à un an de
prison et une amende pouvant atteindre 100.000 dirhams.
Le
directeur d'Al Ayam considère de sa part, dans un édito de son édition du 25
décembre, que "le problème aujourd'hui en matière de presse réside en
une une gêne injustifiée vis -à-vis de quelques marges que sondent notre
presse avec tout cela comporte comme différence dans l'appréciation, laquelle
doit être traitée principalement au sein de la profession et entre
journalistes avant tout recours à la justice."
"Nous
traversons un tournant crucial où nous devons tous être des bons conducteurs.
Certains le faire habilement, d'autres péniblement," ajoute-t-il. "Si l'état
lui même avoue que le Maroc sort d'une période sombre et d'autant plus que l'État
lui-même est responsable cette obscurité... alors on sortira pas de
l'obscurité à la lumière en pressant un bouton."
Par
ailleurs, des enquêtes judiciaires ont été également ouverte par le
procureur de Casablanca à l'encontre de deux autres hebdomadaires arabophones,
Al Michaâl (Le Flambeau) et Al Bidaoui (Le Casablancais) pour avoir publié des
propos "portant atteinte à l'islam et à la patrie."
Abderrahim
Ariri, directeur de l'hebdomadaire Al Bidaoui, a indiqué dans un communiqué
qu'il a été convoqué le 22 décembre par la police judiciaire de Casablanca
au sujet de la Une d'un numéro de son journal. La couverture du numéro
incriminé comportait une expression jugée trop triviale par l'imprimeur, qui a
refusé de l'imprimer.
Quant
à l'hebdomadaire Al Michaâl, il est accusé d'avoir reproduit une image de la
couverture incriminée dans une information sur le refus d'imprimer signifié à
son confrère. Le procureur de Casablanca avait alors ordonné une enquête
judiciaire sur le directeur d'Al Michaâl, Driss Chahtane, pour "atteinte
à l'Islam et à la patrie".
Il
y a quelques semaines l'hebdomadaire TelQuel a ét condamné à payer un montant
global de 1,96 million de dirhams en première instance lors de deux procès en
diffamation contre le magazine. Des jugements qui menacent "la stabilité
financière et la pérennité de la publication," estime le directeur de
TelQuel, Ahmed Réda Benchemsi. "Clairement, le pouvoir cherche à nous
abattre (...) Nous ne céderons pas", souligne t-il sans jamais contester
"le droit des personnes se sentant diffamées à recourir à la justice."
Pour
rappel, le ministre de la justice avait révélé, le 13 décembre, devant le
parlement, l'existence d'une cellule de suivi des écrits diffusés par la
presse. Une démarche considérée par la presse nationale et des associations
des droits de l'Homme comme menace à la
liberté de la presse et de retour à la censure
administrative.
27/12/2005
Voir également:
Affaire
TelQuel: On Plaisante pas avec les Ckeikhates
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