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Le journaliste marocain Ali Lamrabet
a été condamné par le tribunal de première instance de Rabat à une amende de
50.000 dirhams et à l'interdiction d'exercer le métier de journaliste pendant
dix ans.
Le jugement a été rendu le 12 avril
au terme d'un procès en diffamation lancé contre Ali Lamrabet le 5 avril du même
mois par M. Ahmed Kheir, porte-parole de l'Association des Parents des Sahraouis
victimes de la répression dans les camps de Tindouf (PASVERTI)
Lmrabet a été également condamné à
payer un dirham symbolique à la victime Ahmed Khar avec publication du prononcé
du verdict au quotidien arabophone Al Ahdath Al Maghribia pendant trois
semaines.
Le verdict, qualifié de "léger" par
le plaignant, M. Ahmed Kheir, eu égard de la dimension de l'affaire en question.
De l'autre part, Me Abderrahim Jamai, l'avocat de Lamrabet a déclaré à la presse
que ce verdict, prononcé par contumace, est "unique et inéquitable" rajoutant
que le tribunal lui refusé le droit de défendre son client.
Lmrabet avait déclaré en janvier
dernier à l'hebdomadaire "Al Moustaqbal" (N 816) que les séquestrés de Tindouf
ne le sont pas et qu'il s'agit d'un "mensonge et d'une allégation". Il avait
aussi déclaré qu'ils "n'ont aucune envie de rentrer au Maroc."
Les réactions n'ont pas tardé.
Le syndicat national de la
presse marocaine (SNPM) a réclamé l'annulation du verdict prononcé contre Ali
Lamrabet, estimant que la peine d'interdiction d'exercer le journalisme n'était
pas applicable dans ce procès en diffamation.
"Nous réclamons l'annulation de ce
verdict parce qu'il est basé sur un texte de loi qui n'a rien à voir avec la
profession", a déclaré Younes Moujahid, secrétaire général du SNPM, en allusion
au fait que le tribunal se soit référé au Code pénal et non au Code de la
presse.
Tout en se désolidarisant des
"pratiques journalistiques de Lamrabet, en particulier lorsqu'il s'attaque ou
diffame ses confrères", explique M. Moujahid, il estime que "la peine
d'interdiction d'exercer le journalisme n'était pas applicable dans ce procès en
diffamation".
Il lui reproche notamment qu'il "se
soit lié avec la droite espagnole fasciste, notamment lorsqu'il a qualifié le
Maroc de complice dans les attentats du 11 mars", a poursuivi le secrétaire
général du SNPM.
Moujahid n'a pas non plus apprécié
une autre plaisanterie de Lamrabet qui a affirmé dans une récente interview que
"son nouveau journal serait financé par les services secrets étrangers." M.
Moujahid a confirmé que "cette attitude ne peut être accepté dans aucune
démocratie."
Le verdict prononcé par le tribunal
de première instance de Rabat interdisant à Lamrabet d'exercer le métier de
journaliste pendant dix ans se base sur l'article 87 du code pénal stipulant
"l'interdiction d'une profession, activité ou art, doit être prononcée contre
les condamnées pour crime ou délit lorsque la juridiction constate que
l'infraction commise à une relation directe avec l'exercice de la profession"
Le journaliste Ali Lmrabet, connu
pour ses démêlés avec les autorités marocaines, a été condamné à 3 ans de prison
en juin 2003 pour "outrage à la personne du roi", avant d'être gracié par le roi
Mohammed VI en janvier 2004.
Voir également:
-
Le Journaliste Ali
Lmrabet Libéré (7 janvier 2004)
-
Affaire Lmrabet: On
Achève Bien les Libertés ( juin 2006)
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