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La "fracture numérique" entre pays
riches et pauvres est un fait indéniable dont témoigne des chiffres dans
le domaine de l'Internet. Pour combler ce fossé, l'Unesco mise sur une
expérience pilote en Afrique dite des Centres multimédias communautaires (CMC).
L'Unesco a indiqué avoir déjà reçu
des promesses de dons de plus d'un million de dollars pour multiplier ces
centres, testés depuis deux ans en Afrique.
D'importants financements pour ces
CMC seront annoncés lors de la Conférence mondiale sur la société de
l'information (SMIS), à Genève du 10 au 12 décembre, selon l'Unesco.
Trois chefs d'Etat de pays où ces
centres sont en place (Mali, Mozambique et Sénégal) vont appeler, à Genève, la
communauté internationale à participer au développement de ces centres.
Ces trois pays, selon le sous
directeur général pour la communication et l'information de l'Unesco, Abdul
Waheed Khan, un universitaire indien, sont ceux où "le travail le plus
significatif en matière de développement du multimédia a été effectué".
D'après M. Khan, les Suisses,
notamment à travers le Fonds suisse pour le développement (DDC), un organisme
gouvernemental dirigé par Walter Fust, "vont apporter de l'argent pour
développer ces projets de CMC".
Ces centres, qui devraient passer
rapidement en Afrique de vingt à cinquante, devraient, selon des documents de
l'Unesco, être financés aussi bien par les Etats, que par le secteur privé ou
les Organisations non gouvernementales (ONG).
Ils seront, selon M. Khan, gérés par
les communautés villageoises où ils sont implantés.
"Nous sommes désormais reconnus
comme l'agence pilote dans ce domaine. Nous avons effectué du bon travail,
particulièrement en Afrique, en combinant les média traditionnels tels que la
radio et les nouveaux médias comme l'internet", a précisé M. Waheed Khan.
"En général, nous débutons avec un
petit émetteur de radio local, qui coûte moins de 2.500 dollars et, ensuite,
nous ajoutons des ordinateurs pour l'accès à l'internet. Dans certains cas,
outre le téléphone bien sûr, nous disposons aussi d'un fax".
Ces CMC disposent de petits
émetteurs radios appelés "valises radio" faciles à utiliser et combinés avec
l'internet.
Les animateurs des centres interrogés par des auditeurs sur les radios
communautaires qu'ils hébergent peuvent en effet répondre aux questions posées
en surfant sur le net.
Dans certains villages qui ne sont
pas alimentés en électricité, le solaire vient à la rescousse et, le 23 juin
dernier, la Première dame du Sénégal, Viviane Wade, a inauguré à Mbissao
(communauté rurale de Djender, ouest du Sénégal) un émetteur radio communautaire
portable et un récepteur radio FM alimenté par la chaleur de quarante lampes à
huile.
Lors d'un colloque international en
juin à Dakar, "des partenaires internationaux se sont engagés à soutenir
fortement le développement des centres multimédias communautaires en Afrique. De
nouvelles promesses de financements pour ces centres ont atteint 1,2 million de
dollars", a-t-on indiqué à l'Unesco.
A Genève, l'Unesco a l'intention, en
liaison avec les autorités sénégalaises, maliennes et mozambicaines, d'annoncer
des projets de développement et de financement des CMC pour "démontrer comme les
nouvelles technologies de l'information peuvent concrètement faire évoluer les
sociétés", notamment dans les domaines de l'éducation et de la santé.
Voir également:
Les Rencontres Méditerranéennes pour les Technologies de l'Information &
Multimédia
Conférence mondiale
sur la société de l'information: Une Radio pour les sans
Voix de la Conférence |