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Selon sa famille qui lui a rendu
visite le 10 avril à la prison de Borj el Amri (située à 30 km de Tunis), le
cyberdissident Zouhair Yahyaoui avait des difficultés à se déplacer en raison de
son état de faiblesse. Ses proches l'ont trouvé extrêmement amaigri et déprimé.
Il pesait 50 kilos (pour 1,78 m) contre 70 kilos au moment de son arrestation.
"C'est
sans surprise que l'on constate que le régime tunisien profite de la
focalisation des médias internationaux sur la guerre en Irak pour accentuer les
pressions sur certains détenus politiques comme Zouhair Yahyaoui. C'est honteux
! Nous réitérons notre demande au chef de l'Etat : la libération immédiate et
inconditionnelle de Zouhair Yahyaoui ainsi que celle de Hamadi Jebali,
emprisonné depuis 1991", a déclaré Robert Ménard, secrétaire général de
Reporters sans frontières.
Il a, en effet, déclaré qu'il
avait entamé une nouvelle grève de la faim dpuis le 28 mars dernier. Nourriture souillée par les
gardiens, lecture interdite, correspondance volée, promenade quotidienne
supprimée, menaces des geôliers : le jeune homme ne supporte plus ses conditions
de détention qui se sont dégradées ces dernières semaines. Accusé d'avoir incité
d'autres détenus à entamer une grève de la faim, il a été également mis au
cachot durant deux jours (vraisemblablement la semaine passée) avec, pour toute
nourriture, du pain rassis. Sa famille l'a trouvé extrêmement amaigri et
déprimé.
Du 17 au 30 janvier 2003, Zouhair Yahyaoui avait déjà observé une grève de la
faim pour protester contre ses conditions de détention et demander sa
libération.
Le 10 juillet 2002, Zouhair Yahyaoui a été condamné, par la cour d'appel de
Tunis, à deux ans de prison pour "propagation de fausses nouvelles". Il avait
été arrêté, le 4 juin, par plusieurs policiers en civil dans un cybercafé. Au
cours de son interrogatoire, il avait subi trois séances de "suspension",
méthode de torture où la personne est suspendue par les bras, avec les pieds
touchant à peine le sol.
Zouhair Yahyaoui écrivait sous le pseudonyme "Ettounsi" qui signifie le Tunisien
en arabe. Il avait fondé le site TUNeZINE en juillet 2001 pour diffuser des
informations sur la lutte en faveur de la démocratie et des libertés en Tunisie,
et publiait en ligne des documents de l'opposition. Il avait été le premier à
diffuser la lettre dénonçant le système judiciaire du pays adressée au président
de la République par le juge Mokhtar Yahyaoui.
Hamadi Jebali, directeur de l'hebdomadaire Al Fajr, organe du mouvement
islamiste An Nahda, est emprisonné depuis 1991. En 1992, il avait été condamné
par la Cour militaire de Tunis à seize ans de prison pour "agression dans
l'intention de changer la nature de l'Etat" et "appartenance à une organisation
illégale". Il venait de purger une peine d'un an de prison pour avoir publié un
article qui critiquait le système des tribunaux militaires. A la mi-mars, le
journaliste a été transféré de la prison de Bizerte à la prison de Sfax.
De la mi-janvier à la mi-février 2003, le journaliste avait également jeûné pour
protester contre ses conditions de détention et exiger sa libération.
Il y a plus de 13 ans, Reporters sans frontières mettait en place le
"parrainage" et appelait les médias internationaux à soutenir un journaliste
emprisonné. 120 rédactions dans le monde soutiennent ainsi un confrère en
demandant régulièrement sa libération aux autorités concernées et en médiatisant
sa situation pour que son cas ne tombe pas dans l'oubli.
Zouhair Yahyaoui est ainsi soutenu par : Avaldoci, le Club de la presse
Marseille, le Club de la presse du Périgord, El periodico de Catalunya,
Fraternitaire, El Triangle, Le Nouvelliste, liberation.fr, Maison de la presse -
Mons, Radio Populare, RTBF, REE, www.categorynet.com.
D'après
Reporters sans frontières
A voir également:
Il Faut Sauver
le Webmaster Zouhair: Un cyberdissident tunisien condamné à deux
ans et quatre mois de prison...
suite
le site de Zouhair Yahyaoui
LES ENNEMIS D'INTERNET: Articles
et rapports sur les cyberdissidents et la liberté de la presse électronique dans le monde.
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