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En
marge de la 14ème édition du Festival international du cinéma
méditerranéen de Tétouan, nous avons rencontré Ahmed Housni, un
des initiateurs de ce Festival depuis ses débuts. Entretien.
*
Nous sommes arrivés au terme de cette 14ème édition du Festival…
Un premier bilan?
Ahmed
Housni: Nous avons, tout d'abord, remarqué que le public a largement
répondu présent. Et c'est une grande satisfaction… Il s'est
massivement déplacé dans les salles de projection. Ce que nous avons
le plus apprécié, c'est la présence du jeune public aux
différentes séances. Si l'on compare avec l'édition de 2007, nous
pouvons dire que la présence a été plus nombreuse. D'autre part, la
programmation a répondu à toutes les attentes. Les films programmés
ont connu un franc succès. Le programme a été bien ficelé en
étant à la hauteur d'un Festival comme celui de Tétouan…. Quant
à l'organisation générale, elle m'a semblé bonne à part, bien
entendu, quelques défaillances qu'il faudra résoudre pour les prochaines
éditions.
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Quels ont été, selon vous, les moments forts du Festival ?
Incontestablement,
je vous répondrai que la première table ronde que nous avons
proposée, intitulée "Exploitation, distribution et festivals,
quel partenariat?", était un grand moment. La projection des
deux longs métrages marocains: "Les
Cœurs Brûlés" d'Ahmed Maânouni et "La
Beauté Eparpillée" de Lahcen Zinoun ainsi que celle du film
tunisien "Junun" de Fadhel Jaïbi et de l'Egyptien "Le
cuisinier du président" de Said Hamid étaient de grands moments
de cinéma durant ce Festival.
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Beaucoup de critiques paraissent dans la presse concernant les
problèmes d'organisation, le manque de communication, l'annulation ou
le déplacement de films…Que pouvez-vous répondre à ces critiques
?
Il
faut savoir que nous devons actuellement assurer une transition entre
ce qu'était le Festival ou les Rencontres du cinéma de Tétouan,
dans les éditions précédentes, et le Festival de Tétouan dans sa
nouvelle version. Nous sommes passés d'un Festival relativement
modeste du point de vue de l'organisation et de la programmation à un
Festival d'envergure avec quatre lieux de projection, beaucoup plus
d'invités, beaucoup d'autres choses à gérer… Il faut être à la
hauteur mais ce n'est pas évident de passer de l'un à l'autre sans
difficultés… On ne peut pas avancer que les précédentes éditions
étaient meilleures que celle que nous présentons cette année. Il
est vrai qu'une certaine dose de nostalgie reste mais il faut aller de
l'avant car on ne peut pas rester figés dans le passé.
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L'on sait que "les Amis du Cinéma" ont été à l'origine
de l'organisation de ce rendez-vous cinéphilie. Quelle est désormais
la place de l'Association dans le Festival?
La
place de l'Association des "Amis du cinéma" est
primordiale. C'est elle qui s'occupe de l’organisation du Festival.
Elle représente le côté culturel du Festival du cinéma de Tétouan
et occupe la Direction artistique. L'on se charge de l'ensemble de la
programmation, du choix des invités. Et bien entendu, si nous avons
une bonne programmation et des invités à la hauteur, nous aurons par
là même un bon Festival. Le volet organisationnel est confié à des
prestataires de services. Après le bilan, s'il n'y a pas
satisfaction, on a la possibilité de changer.
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La 14ème édition rend hommage à quatre noms de la cinématographie:
Aicha Mahmah, Henidi, Bernadette Laffont et Imanol Arias… Qu'est-ce
qui a motivé ces choix?
Le
choix de Henidi répond à une attente populaire, pour une grande
masse de la population tétouanaise. Aicha Mahmah est une grande
actrice marocaine. C'est un choix national. Bernadette Laffont et
Imanol Arias répondent à une attente cinéphilique. Imanol Arrias
est un acteur espagnol très populaire dans la Péninsule Ibérique et
en Amérique Latine. Quant à Bernadette Laffont, elle représente la
nouvelle vague de cinéastes et le grand cinéma français, de
Truffaut à Claude Chabrol. On a ainsi essayé de répondre aux
attentes cinématographiques de tous les types de public.
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Le Festival rend hommage au cinéma tunisien… Quelle est sa place au
Maroc ? Le public a-t-il suivi la programmation de ces films?
Le
cinéma tunisien est le deuxième à être distribué au Maroc, tant
sur le petit que le grand écran, après le cinéma égyptien… «
Poupée d'argile » de Nouri Bouzid, « Khouchkhache » de Salma
Baccar sont des films connus du public mais également des
festivaliers de Tétouan. Les délégations tunisiennes sont
présentes au Festival de Tétouan à chaque édition. La filmographie
tunisienne a toujours eu sa place dans notre Festival… Le public a
donc naturellement répondu présent, notamment à partir des séances
du lundi.
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Pour le documentaire, l'on remarque tout de même que les salles sont
quasiment vides lors des projections… Ne pensez-vous pas que c'est
risqué de programmer le documentaire à Tétouan?
C'est
normal qu'il n'y ait autant de public qu'à la projection d'un long
métrage. Le documentaire est principalement adressé à un public
d'intellectuels, d'universitaires mais également de lycéens et
étudiants. C'est ce public qui doit se mobiliser…
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Comment situez-vous ce Festival par rapport aux autres festivals
marocains?
Il
a incontestablement une place d'avant-garde ; surtout au niveau
culturel. Les choix sont ceux de cinéphiles. La programmation, la
qualité des intervenants et des invités confèrent au Festival de
Tétouan une place de choix au niveau national. Notre budget (6
millions de dirhams) est loin d'être celui du Festival de Marrakech
mais c'est un Festival important au niveau de sa programmation.
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En quoi a-t-il une portée méditerranéenne?
Il
a une portée méditerranéenne de par les pays qui participent au
Festival : Maroc, Algérie, Tunisie, Egypte, France, Espagne, Grèce,
Syrie, Liban, Palestine, Croatie, Bosnie, Kosovo sont autant de pays
qui représentent un cinéma méditerranéen. De plus, nous tenons,
lors de la mise au point de la programmation et des invitations, à
assurer un certain équilibre Nord/Sud.
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Le Festival ouvre ses portes au jeune public à qui l'on demande de
produire un court métrage et un film d'animation. Qu'attendez-vous de
leur présentation?
Nous
allons projeter, lors de la cérémonie de clôture, un film
d'animation de cinq minutes produit par les enfants. Ensuite, cinq
courts-métrages entièrement écrits et réalisés par les lycéens
seront proposés au public. Ils ont tous été encadrés par des
professionnels. Je suis, personnellement, très satisfait des stages
de cinéma. Ils constituent le volet éducatif et pédagogique du
festival. Je suis sûr que les enfants vont nous surprendre dans la
création de l'image, de leur image et de leur vision du monde qui les
entoure.
Propos recueillis par
Amel Nejjari
05/04/2008
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