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Pour M. Abdellatif Lâabi, le
président de la commission du fonds d'aide à la production cinématographique
(FAPCN), Le
cinéma marocain est en train de prendre un autre tournant. voir interview.
Comment
évaluez-vous les projets de films présentés lors de cette deuxième session de
l'année 2004?
Les films qui nous ont été présentés
lors de cette édition constituent à mon avis un bon cru. On a été très
agréablement surpris par le nombre de projets tout à fait pertinents, avec
beaucoup d'originalité, une écriture cinématographique différente de l'écriture
traditionnelle. Si la commission avait davantage d'argent, je suis sûr qu'elle
aurait accordé plus d'aide et aurait produit plus de courts métrages. Nous
sommes limités par notre budget.
Cette fois, nous avons plus axé sur
le court métrage parce que nous avons estimé qu'il permet à de jeunes cinéastes
de travailler et de montrer ce dont ils sont capables, ce qui nous a permis de
satisfaire toutes les demandes.
Pour les longs métrages, avec 12
millions de dirhams il était impossible de satisfaire tout le monde. D'autant
plus que nous ne voulions pas faire du saupoudrage et donner un petit peu
d'argent à chacun, ce qui n'allait pas permettre au réalisateur de faire son
film confortablement. C'est aussi une partie de notre vision.
Quels ont été les critères de sélection de ces films?
A mon sens, il n'y a qu'un seul
critère, à savoir la qualité esthétique du film, son originalité et sa valeur
ajoutée par rapport au cinéma marocain. Il faut rompre avec une certaine
tradition et sortir des sentiers battus. On est là aussi pour dénicher des
talents et donner l'occasion aux autres de s'exprimer sans toutefois faire de la
discrimination.
Tout le monde a droit à l'aide qu'il
s'agisse des femmes parce que l'on a envie d'entendre les voix féminines dans le
cinéma marocain pour leur mérite ou les jeunes qui sont pleins de talents sans
oublier les aînés et les fondateurs du cinéma marocain. On est conscients qu'il
est difficile d'obtenir un équilibre dans ce sens-là mais on essaye de tendre
vers cette voie.
Et le film de Mustapha
Derkoaui ?
Je n'ai rien à déclarer de
particulier à propos de ce sujet. Lors de la session précédente, nous avions
accordé une aide de 100.000 centimes pour «Casablanca by night». Cette
deuxième partie ou suite n'a pas du tout convaincu les membres du jury. La mort
dans l'âme en connaissant la valeur de Derkaoui.
Peut-on considérer que le cinéma marocain est en constante évolution?
Sûrement. Et on sent ce changement.
Je peux dire que c'est une chance que de présider une telle commission car cela
m'a permis de voir ce frémissement de changement. On le constate au quotidien.
Réellement, le cinéma marocain est en train de prendre un autre tournant; et
sur ce plan-là, je suis très optimiste.
Pourquoi à votre avis?
Vous savez, la réalité marocaine
change et les idées avec, ce qui se reflète sur plusieurs décisions. Les
exigences citoyennes s'affirment de plus en plus.
La culture cinématographique aussi a
bougé, ceci se reflète à travers des jeunes qui sont davantage imprégnés du
cinéma d'aujourd'hui et il est normal qu'ils essayent de se mettre au diapason
de cette évolution.
Source: Le Matin
Voir
également:
Fonds d'Aide à la
Production Cinématographique: Le Court Métrage Relancé

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