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Le réalisateur
américain Oliver Stone a reçu l'Etoile d'or du 3e Festival international du Film
de Marrakech pour l'ensemble de son oeuvre lors d'une soirée hommage dans le
cadre magique du Palais El Badii. Le trophée lui a été remis par l'actrice
indienne Tabou et la superstar Amitabh Bachchan.
Avant la projection
de "Comandante", un documentaire dans lequel il dresse le portrait de Fidel
Castro, Stone a affirmé que ce film était "bloqué aux Etats-Unis".
"Je ne sais pas
exactement pourquoi. Ce sont ses paroles (Castro) et c'est le droit des gens de
les entendre", a déclaré le cinéaste qui tourne actuellement au Maroc "Alexandre
le Grand" avec l'Irlandais Colin Farrell dans le rôle titre du film avec
Angelina Jolie et Anthony Hopkins.
Auparavant, Oliver
Stone avait dénoncé, lors d'une conférence de presse dans le cadre du
Festival de Marrakech,
"la censure d'un lobby politique, de la mafia cubaine", décrivant son film comme
"le portrait intime d'un dictateur que peu de gens connaissent", basé sur une
trentaine d'heures d'interview.
Le réalisateur a
révélé qu'il avait également réalisé un nouveau film de 50mn sur le leader
cubain, intitulé "Looking for Castro" qui devrait être présenté au début de l'an
prochain.
La chaîne américaine
HBO, qui a produit "Comandante", l'a déprogrammé à la suite de la vague de
répression qui a frappé les dissidents cubains au printemps dernier, avec
l'arrestation et la condamnation de nombreux opposants, et l'exécution de trois
personnes, pour détournement.
"HBO m'a alors
demandé de revenir à Cuba", a précisé Oliver Stone. "Je n'étais pas d'accord.
Pour moi, le portrait était terminé. Mais j'y suis cependant revenu. Castro m'a
reçu et nous avons à nouveau passé trente heures ensemble. Il a eu l'occasion de
s'exprimer sur l'opposition et le détournement et de se défendre", a déclaré le
réalisateur.
Lorsque la chaîne a
bloqué "Comandante", "ce fut l'un des moments les plus durs et les plus
déprimants de ma carrière," a souligné Oliver Stone. "La mafia cubaine, un
groupe d'organisations qui veulent renverser Fidel Castro, a détesté le film
(présenté en janvier dernier au Festival américain de Sundance".
Le cinéaste a
dénoncé "l'atmosphère à la George Orwell" qui règne, selon lui, aux Etats-Unis.
"On m'accuse d'être anti-américain depuis Platoon, Né un 4 juillet, JKF. J'y
suis habitué. J'aime pourtant ce pays car je crois en ma vision de l'Amérique".
Illustré d'images
d'archives sur la Révolution, le débarquement de la Baie des cochons, la crise
des missiles, la mort de Che Guevara, "Comandante" est le portrait d'un
personnage charismatique, rodé au maniement de la parole depuis un demi-siècle,
dont le cinéaste filme l'oeil en gros plan.
Que ce soit sur les
élections, la torture ou les poursuites contre les homosexuels, il a réponse à
tout avec un calme égal.
"Commandante"
n'apporte ni révélations, ni surprise, sinon dans le ton familier qu'a su
instaurer Oliver Stone pour découvrir l'homme derrière le leader. "Avez-vous
pensé à consulter un psy?" demande le cinéaste à un Castro étonné. "Ca ne m'est
jamais venu à l'idée".
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