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"Mon cinéma est mort. Et moi
aussi." Ainsi parla le comédien français Alain Delon dans un article publié
récemment par le Nouvel Observateur. « L’argent, le commerce et la
télévision ont bousillé la machine à faire rêver » considère le sexagénaire.
"La pudeur, l’audace,
l’élégance. Ce sont les trois valeurs du cinéma que j’ai aimé- et qui
n’existent plus" explique t-il.
"Si le jeune homme que j’étais
venait aujourd’hui me demander mon avis sur son avenir, je crois que je lui
conseillerais de tenter sa chance au football ou au tennis" avant de
conclure "voilà, mon cinéma est mort"
Des aveux pour le moins
insensibles de la part d'un acteur connu pour sa grande délicatesse et qui
surviennent à quelques jours du hommage qui lui sera rendu par le 3e
Festival International du Film de Marrakech du 3 au 8 octobre.
Nonobstant, Alain Delon est
conscient d’une chose: sa carrière est aujourd’hui derrière lui. "Parfois,
je me demande si ce constat crépusculaire n’est pas une manière narcissique
de constater que j’ai vieilli, que mon propre age d’or s’éloigne…"
Alain Delon, qui fut d’abord le
jeune premier romantique d’oeuvres ambitieuses : Plein Soleil (1960), "Rocco
et ses Frères" (1960), "l'Éclipse" (1961), "le Guépard" (1963).
À partir de 1965, a connut la
renommée grâce à des rôles moins complexes dans un autre genre, les films
policiers qui lui ont offert certains de ses meilleurs rôles. Le Samouraï
(1967) et le Cercle Rouge (1970), attestent de la permanence d'un talent qui
s'illustra plus encore dans des oeuvres originales comme le Professeur
(1972) ou M. Klein (1976). Pour mieux maîtriser sa carrière, le comédien
devint producteur et réalisateur (le Battant, 1983). Puis il s'investit à
nouveau dans le cinéma d'auteur (Notre Histoire, de Bertrand Blier, 1984
«Nouvelle Vague, de Jean-Luc Godard, 1990), quittant les sentiers battus du
succès commercial. |