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Le
clap de fin sur la 56e du festival de Cannes a été le coup de grâce
qui a mis fin à une édition "décevante" pour beaucoup d'habitués de la
croisette cannoise. Une sélection officielle peu inspirée, compte tenu de la
faiblesse de la qualité discutable de certains films retenus. Et en fin un
palmarès, à l'image de la sélection d'ailleurs, de dimension beaucoup plus
politique qu'artistique. Le jury a également voulu rendre hommage au proche et
moyen orient en attribuant des prix significatifs à des films turc, iranien et
afghan.
L'Eléphant de Gus Van Sant a eu
raison non seulement de ses concurrents en remportant la palme d'or de la 56e
édition du Festival de cannes, mais aussi celui des canons du plus grand
festival du cinéma du monde. En effet, Gus Van Sant a également remporté le prix
de la mise en scène en violation du règlement du festival qui ne permet pas au
jury d'accorder ces deux prix à la même oeuvre. Patrice Chéreau, président du
jury, a tenu à signaler au début de la proclamation du palmarès que son jury a
eu l'aval de la direction du festival pour cette "violation"
Revenant sur les traces de la
violence aux US pour évoquer le massacre de Columbine, le film a été pressenti
au palmarès, mais pas la double consécration. Le jury voulait-il remettre le
coup de "Bowling for Columbine", prix du 55e anniversaire? Une invention que la
maîtresse de cérémonie de l'édition précédente Virginie Ledoyen avait pourtant
précisé que c'était "une première qui ne sera pas renouvelée"
la jeune cinéaste iranienne
Samira Makhmalbaf revient cette année avec le prix du jury avec son "A Cinq
Heures de l'Après-Midi", qui évoque l'Afghanistan post-Talibans et le poids de
l'obscurantisme. Un film dans "l'air du temps"
Le prix de l'interprétation
Masculine est allé aux turcs Muzaffer Ozdemir et Mehmet Emin Toprak (en
posthume) pour "Uzak" de Nuri Bilge Ceylan. Celui de l'interprétation féminine
est revenu à Marie-José Croze pour "Les Invasions Barbares" de Denys Arcand qui
a également obtenu le prix du scénario. Son film qui a fait l'unanimité de la
presse et des festivaliers qui lui prédisaient une meilleure destinée.
"Dogville" de Lars Van Trier, qui a
fait l'événement de cette édition a été complètement écarté du palmarès malgré
la convergence de la presse et de la critique qui s'attendaient à une nouvelle
consécration de cet habitué de la croisette. De même pour le russe
Alexander soukorov avec "Père et fils", Clint Eastwood avec "Mystic River"
ou encore le britannique Peter Greenway avec "Tulse Luper Suitcase"
Certes, Francois Ozon (Swimming
Pool) n'a rien eu, les autres films français non plus. Le cinéma français,
largement représenté en compétition officielle avec trois films, sort bredouille
exception faite du Prix du jury du court métrage pour "l'Homme sans Tête" de
Juan Solanas.
Voici le Palmarès complet de cette
56ème édition du Festival de Cannes. Pour voir les photos de tous les lauréats,
rendez-vous dans la rubrique "Quotidien" à la journée du 25 mai.
Palmarès Longs Métrages
Palme d'Or du Festival de Cannes:
Elephant de Gus Van Sant (Etats-Unis)
Prix du Jury:
A cinq heures de l'après-midi de Samira Makhmalbaf (Iran)
Grand Prix
Uzak de Nuri Bilge Ceylan (Turquie)
Prix de la mise en scène
Elephant de Gus Van Sant (Etats-Unis)
Prix d'interprétation féminine du Festival de Cannes:
Marie-Josée Croze dans Les Invasions barbares de Denys Arcand (Canada)
Prix d'interprétation masculine du Festival de Cannes (ex-aequo):
Muzaffer Ozdemir et Mehmet Emin Toprak dans Uzak de Nuri Bilge Ceylan (Turquie)
Prix du scénario
Les Invasions barbares de Denys Arcand (Canada)
Caméra d'Or
Reconstruction de Christoffer Boe (Danemark)
Mention spéciale
Osama de Sedigh Barmak (Afghanistan)
Palmarès Courts Métrages
Palme d'Or du court métrage
Cracker bag de Glendyn Ivin (Australie):
Prix du jury du court métrage
L'Homme sans tête de Juan Solanas (France):
Palmarès Cinéfondation
Premier Prix de la Cinéfondation:
Bezi Zeko Bezi (Run Rabbit Run) de Pavle Vuckovic (Serbie)
Deuxième Prix de la Cinéfondation:
Historia del desierto de Celia Galan Julve (Espagne)
Troisième Prix de la Cinéfondation:
TV City d'Alberto Couceiro et Alejandra Tomei (Argentine) et Rebeca a esas
alturas (At that point... Rebeca) de Luciana Jauffred Gorostiza (Mexique) |