|
Ce n'est pas la consécration de la
comédie musicale «Chicago» meilleur film, n'est aucun autre prix d'ailleurs, qui
a fait l'événement de la 75e cérémonie de remise des Oscars à Los Angeles.
Les
événements mondiaux actuels ont donné lieu à plusieurs interventions pleines
d'émotion, notamment l'allocution d'Adrien Brody, désigné meilleur acteur pour
son jeu dans «Le Pianiste», ainsi que la violente attaque verbale lancée contre
l'administration du président George Bush par le cinéaste Michael Moore,
récompensé pour son documentaire «Bowling for Columbine».
En franc-tireur, indépendant des
grands studios, le cinéaste américain Michael Moore a profité de la scène où il
recevait l'Oscar du meilleur documentaire pour dénoncer l'agression contre Irak
en criant "Honte à vous, Monsieur Bush."
"Faire ce film m'a rendu très
conscient de la tristesse et de la déshumanisation des gens en temps de guerre,
ainsi que des répercussions de la guerre. Que vous croyez en Dieu ou Allah,
qu'il veille sur vous, et prions pour une résolution pacifique et rapide" du
conflit, a-t-il dit au bord des larmes, acclamé par ses pairs.
Michael Moore a suscité des
réactions aussi fortes qu'opposées parmi l'assistance lorsqu'il a vertement
critiqué le président Bush pour avoir décidé d'attaquer l'Irak. Le réalisateur
américain a invité sur scène les autres finalistes dans la catégorie du meilleur
documentaire, «en solidarité avec moi, parce que nous aimons la non-fiction, et
que nous vivons des temps de fiction (...) Nous vivons des temps où nous avons
un homme qui nous envoie à la guerre pour des raisons fictives. Nous sommes
contre cette guerre, M. Bush. Honte à vous, M. Bush. Honte à vous», a-t-il
ajouté, sous un mélange d'applaudissements et de huées dans le Kodak Theatre,
alors que l'assistance lui faisait une
ovation debout.
Loin de la machine hollywoodienne,
le jeune acteur mexicain Gael Garcia Bernal a clamé son opposition à la guerre
et Adrien Brody, oscar du meilleur acteur, n'a pas hésité à interrompre
l'orchestre pour souhaiter "une résolution" rapide du conflit.
Oscar du scénario pour "Parle avec
elle", l'Espagnol Pedro Almodovar a remercié "tous ceux qui prennent la parole
en faveur de la paix" mais le seul gouvernement qu'il a critiqué a été celui de
Madrid.
Mais les autres stars de Hollywood, celles dont les
contrats se comptent en millions de dollars, se sont fait discrètes, se
rappelant peut-être la
mésaventure des chanteuses country "Dixie Chicks", clouées au pilori,
boycottées par les radios du Midwest pour avoir critiqué George W. Bush en temps
de guerre.
Le Palmarès complet
des oscars
la Guerre contre l'Irak:
Hollywood vs Bush
|