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Les
ricochets du bras de fer entre le Centre Cinématographique
Marocain (CCM) et la Chambre Marocaine des Producteurs de Films
(CMPF) se répètent mais ils se ressemblent pas. En effet, La
chambre vient de rendre public un communiqué dans lequel elle
dénonce crûment les amendements apportés en catimini par le CCM
à la loi régissant la production cinématographique au Maroc.
Le corps de ces amendements porte sur le statut juridique des
sociétés de production cinématographique adoptée en 2001,
notamment sur l'autorisation d'exercice et de tournage. Ainsi,
selon la nouvelle loi proposée, les sociétés de production ne
sont plus assujetties à la condition d'être gérées "soit par un
réalisateur, soit par un directeur de production détenteur de la
carte d’identité professionnelle depuis trois années" comme
stipule la loi de 2001. Une démarche qui ne semble pas plaire à
la chambre (CMPF) qui n'a pas été consultée par le CCM.
Le communiqué de La Chambre précise que cette même loi avait,
auparavant, fait l’objet de plus d’une discussion entre les deux
institutions. Les articles relatifs à la production
cinématographique ont été discutés en assemblée générale au sein
de la Chambre, puis avec le CCM. Certains points de cette loi
ont fait l’objet de grandes discussions entre le directeur du
CCM et les professionnels, précise la même source. Les points de
discorde entre le CCM et la CMPE, rajoute le communiqué, "ont
été rediscutés sous l’arbitrage du secrétaire général du
Ministère de la Communication, suite à quoi, la CMPF a participé
à plusieurs séances de travail au Parlement avec les membres de
la commission de la communication afin de les sensibiliser et
leur expliquer les différents articles de ladite loi qui a été
votée fin 2000 et est parue au Bulletin officiel en février
2001.
Pour la CMPF, être producteur cinématographique c'est exercer
une activité qui exige "beaucoup de professionnalisme et est
hautement capitalistique : il s’agit donc de la confier à des
professionnels ayant une certaine expérience." Selon le même
bureau, la suppression d’une gestion par des professionnels ne
peut aboutir qu’à une anarchie du secteur et une augmentation du
chômage chez les professionnels. L’article 7, stipulant que
l’autorisation de tournage de films ne peut être délivrée qu’aux
entreprises de production définies à l’article 2, à l’exception
des films de reportage produits par les télévisions marocaines
ou étrangères, a également été abrogé. Ce qui signifie que
dorénavant, une autorisation de tournage peut être délivrée à
quiconque. Même à des sociétés non autorisées à exercer. «Notre
point de vue est qu'une société de production étrangère doit
collaborer avec une entreprise de production marocaine pour
pouvoir tourner au Maroc. Cela responsabilise l’entreprise
marocaine, garantit un transfert de technologies..., » déclare
le bureau de la Chambre.
Il faut toutefois avouer que les amendements sont de taille.
Faut-ils dire réforme ? En faite, les amendements peuvent
également être décrits comme une libéralisation d'un secteur qui
a demeuré sous un monopole consensuel pendant de longues années.
Le bon coté de cette réforme c'est que les jeunes cinéastes
auront plus de liberté pour monter leurs productions. Bien sur
c'est pas le souci qui a motivé le CCM et son directeur, loin
s'en faut.
Si les membres de la chambre ne sont pas contents, c'est qu'ils
ont été doublement mis sur le gril, d'abord comme producteurs et
puis comme cinéastes qui devront faire face demain à une
concurrence, disons loyale. Reste à savoir si la l'accès au
fonds de soutien connaîtra le même sort: LA LIBÉRALISATION.
Adil
Semmar
02/08/2002 |