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| Réveil de Mohamed
Zineddine |
Si
on veut comprendre bien les thèmes majeurs d’une œuvre littéraire ou
artistique, on doit d’abord analyser son titre. Car le titre, comme a dit
Gérard Genette, est le premier seuil qui nous mène vers l’univers de
cette œuvre, elle-même, avec sûreté et confiance.
Pour
cette raison, je me suis demandé quand j’ai vu pour la première fois le film
du réalisateur marocain Mohamed Zineddine: "Réveil",
que veut-il dire avec ce titre là? Et quelles significations peuvent être cachées
entre ses lettres? Est-ce que ce " Réveil" concerne seulement le
personnage principal du film, qui n’est qu’un simple écrivain d’un temps
perdu? Ou il nous concerne, nous mêmes,
en tant que des récepteurs du film?
Tout
ce que nous pouvons dire maintenant, c’est que le personnage principal de ce
film est resté en état d’éveil, pendant tout le temps du film et que nous,
les spectateurs, nous étions restés éveillés aussi, en suivant les pas de ce
personnage et ses pensées.
Laissons
maintenant ces questions et revenons au film.
L’importance
de ce film ne tient pas à sa qualité d’image, ni à sa façon de réalisation
qui était si frappante avec sa simplicité, mais à sa forme artistique, en général,
qui mélange la folie créative avec la raison, la fiction avec le documentaire
d’une part, et à ses thèmes humanitaires en tant que thèmes universels
d’autre part.
Ce
film raconte l’histoire d’un jeune homme qui veut devenir écrivain sans
aucun projet à la tête, sauf qu’il
est un mangeur de livres selon l’expression du grand Borges. Cet
écrivain en racontant à lui-même son propre histoire, à travers les
mots, nous offre une histoire de toute une génération. Une génération qui était
en train de chercher la valeur des principes et les chemins de la liberté,
selon l’expression du grand Sartre, dans un monde qui était en mouvement
permanent. Est ce que nous dire que cette recherche, elle-même, est le réveil
qui veut nous décrire ce film? Peut -être, mais ce qu’on peut dire, c’est
que ce film en s’appuyant sur les faits des mots, nous fait entrer dans un
monde de création. Et qui dit création, dit vie,
vie réelle et vie imaginaire aussi. La vie des personnages, l’écrivain, ses
amis et les autres qui ne sont que l’enfer, elle-même, et la vie des livres.
Les livres lus et le livre écrit puis publié. Ces deux vies qui étaient présentées
en parallèle durant le temps du film à travers l’image ordinaire (noir et
blanc) et la voix off, pleine de vie (Poétique, philosophique et politique..)
nous ont donné l’impression d’être dans un monde plein d’ambiguïté, de
passion et surtout de souffrance.
De
même que l’abeille construit, comme a dit Nietzsche, les alvéoles et
simultanément les emplit de miel,
de même le cinéma crée son univers imaginaire avec une beauté artistique
remarquable.
Ce
cinéma même, nous a offert, grâce au réalisateur marocain Mohamed Zineddine,
un film d’auteur par excellence et qui nous a inspiré en tant que critique de
cinéma d’écrire ces lignes en hommage à lui.
Noureddine
Mhakkak

Voir également: Fiche
technique Réveil
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