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Ce
sont près de 60 collégiens de Tétouan qui ont été accueillis, ce lundi 11
février, au sein de l'Institut national des Beaux-Arts. Des élèves venus
assister au premier atelier de bande dessinée organisé par l'Institut, en
préparation du 5ème Festival de la bande dessinée de Tétouan. Cette
initiative s'inscrit d'ailleurs dans le cadre du programme «Promotion de la
bande dessinée et du cinéma d'animation au Maroc » soutenu par la Commission
européenne.
"Cette année, nous n'avons retenu que deux projets, en fonction de certains
critères: ce projet autour de la B.D a une vocation culturelle et artistique.
Il s'appuie, de plus, sur le dialogue Nord-Sud (…) Cette initiative est
nouvelle au Maroc et illustre parfaitement le dialogue ente les peuples à
travers la réalisation d'un Festival…", déclarera Safaa Kaddioui,
chargée des activités culturelles à la délégation de la Commission
européenne au Maroc, venue assister au lancement des ateliers.
Selon Abdelkrim
Ouazzani, directeur de l'INBA, le projet soutenu par l'Union européenne est une
"véritable reconnaissance (…). L'objectif étant de faire aimer la bande
dessinée. Nous le faisons à travers un Festival, à travers des stages mais
également par le biais d'ateliers à l'adresse des jeunes." Il s'agit là d'une initiative d'ouverture comme le souligne Mohamed Ghannaj, ce
professeur d'éducation plastique dont les élèves participent à l'atelier :
« Nous sensibilisons nos élèves à l'art plastique au sein des classes. Mais
en ouvrant ses portes, l'Institut des Beaux-Arts leur permet d'avoir accès aux
techniques (…)».
C'est
vers les planches de BD accrochées au mur que les yeux des élèves se dirigent
en premier, en entrant au sein de l'Institut. Ils n'hésitent pas, d'ailleurs,
à commenter les productions estudiantines et à s'exclamer devant d'autres
productions artistiques exposées. C'est finalement vers la Galerie Abdallah
Fakhar que se dirigera le groupe accompagné de leurs professeurs.
Comment crée-t-on une BD? Comment passer de l'idée à la création des
personnages, du scénario au découpage? C'est autour de ces points que les
élèves étaient amenés à réfléchir… Perplexes dans un premier temps,
leur langue s'est vite déliée au fil des minutes et l'on pouvait clairement
lire un réel enthousiasme sur leur visage lorsqu'ils ont rejoint, par groupe,
les professeurs encadrants qui les suivront tout au long de leurs
pérégrinations artistiques. Sûrement se seront-ils rendu compte que derrière
les albums qu'ils feuilletaient en bibliothèque, eux aussi avaient droit à la
création…
Le
but de cet atelier? Permettre à ces collégiens de se réunir et de travailler,
dans un premier temps, de manière hebdomadaire, au sein de leur établissement,
afin qu'ils puissent produire, à leur manière, une bande dessinée. Le thème
choisi pour cet atelier est «Sans frontières». Comment dépasser les
frontières? Comment se surpasser?
C'est
autour de ces questions que ces collégiens devront plancher et produire. Mais
comme le répètera le commissaire du Festival, Jaouad Diouri, "les enfants
vont très certainement nous surprendre, (…) aujourd'hui, j'ai vu
des enfants émerveillés, on avait même envie de participer avec eux à
l'atelier. Partie comme cela, je pense que cette initiative survivra au-delà du
Festival…" confiera la représentante de la Commission européenne.
Les travaux sélectionnés seront présentés lors du Festival de la bande
dessinée en mai prochain. Ce qui permettra à ces artistes en herbe de
communiquer avec les professionnels bédéistes ou amateurs, nationaux et
internationaux, qui visiteront le Festival…
Si la BD européenne est un canon en la matière, si la japonaise et l'américaine
font de plus en plus de passionnés autour du monde, la bande dessinée
marocaine, elle, par la voix et la plume de ces jeunes, est très certainement
en devenir…
Amel Nejjari
16/02/2008
Voir également:
Programmes des expositions et
spectacles:Agenda
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