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Une
vingtaine d’artistes arabes photographiant leur propre monde: d’ores et déjà
cette exposition fait date, en cela qu’elle diffère considérablement de la
plupart des manifestations consacrées elles aussi à la représentation
photographique du monde arabe contemporain, par le nombre des créateurs qu’elle
rassemble, d’une part, mais surtout, et d’autre part, par la nationalité de
ceux-ci qui, tous, sont Arabes. (Certains n'ont pas quitté leur pays; d'autres
s’en sont éloignés puis y sont revenus; certains mêmes en sont partis, emportant
avec eux le pays natal; d'autres encore, nés à l’extérieur du monde arabe, sont
restés liés indéfectiblement à leurs origines.)
Notre univers médiatique est saturé
d’images prises par des photographes occidentaux. Cette tradition ethnocentriste
remonte au XIXe siècle, depuis que des Européens – souvent missionnés par leur
gouvernement –, armés d’un appareil, se sont mis à traverser les mers pour tirer
le portrait de peuples tout récemment soumis à leurs regards. Il va s’agir de
délaisser pour une fois ce regard unilatéral, pour emprunter une vue plus intime
sur le monde arabe et adopter le regard de ceux-là mêmes qui l’habitent, qui le
vivent au quotidien ou, parfois, au travers de leur mémoire.
Rivages et déserts, rues
grouillantes de monde, de jour et de nuit, villages perdus, capitales animées,
joies et deuils, êtres et choses: images de studio, images vidéo, photographies
ne constituent pas seulement des documents sociologiques plus ou moins
intéressants en fonction de la qualité du regard du photographe. Ce sont
d’abord, ce sont surtout des oeuvres d’art, morceaux d’architecture optique
extrêmement élaborés. Tirées en noir et blanc ou en couleurs, sur de grands ou
de petits formats, photographies uniques ou composées en polyptyques, les images
présentées dans l’exposition ne sont emblématiques d’aucune école particulière,
d’aucun courant; ce sont autant de découvertes, dont chacune est singulière;
elles ne cherchent pas à affirmer une identité, elles sont l’émanation de cette
identité.
Au Xe siècle, le mathématicien
Muhammad Ibn Al-Hassan Ibn Al-Haytham, connu aussi sous le nom d’Alhazen, est le
premier à décrire les propriétés du phénomène physique de la lumière et du
sténopé, à l’origine de la chambre noire. Au-delà des questionnements qu’elles
suscitent, les photographies de ces artistes arabes, permettent justement de
rejoindre la terre d’histoire et de civilisation où ont été formulées les
premières règles d’optique qui allaient fonder cet art.
Jananne AL-ANI/ Irak; Reem AL FAISAL/
Arabie saoudite; Anas AL-SHAIKH / Bahreïn; Jihan AMMAR / Égypte; Nadim ASFAR/
Liban; Kader ATTIA / Algérie; Lara BALADI / Egypte; Hicham BENOHOUD/ Maroc;
Bruno BOUDJELAL/ Algérie; Nabil BOUTROS/ Égypte; Yasmina BOUZIANE/ Maroc; Jellel
GASTELI/ Tunisie; Souad GUENNOUN/ Maroc; Bruno HADJIH/ Algérie; Farida HAMAK/
Algérie; Susan HEFUNA / Égypte; Dalia KHAMISSY/ Liban; Maha MAAMOUN/ Égypte;
Youssef NABIL/ Égypte; Randa SHAATH/ Palestine & Egypte; Karima SHOMALI/ Émirats
arabes unis
Regards des
Photographes Arabes Contemporains
22 novembre 2005 - 22 janvier 2006, Institut du Monde Arabe, Paris
Source:
Institut du Monde Arabe
Voir également:
Autres expositions: Agenda
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Photo & Arts Visuels
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