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Présentation d'Autoportraits de Sidi Moumen par Jamal Belmahi:
"Quelle est la première idée qui vous traverse l’esprit, lorsque vous entendez
Sidi Moumen?", voilà l’intitulé d’un forum de discussion d’un groupe Facebook.
Lorsque je me rends pour la première fois dans la célèbre commune, mon but est
précis: trouver des éléments de la vie quotidienne qui vont m’aider à
l’écriture d’un scénario*. Si pour la plupart des personnes que je rencontre sur
place, la nécessité de revenir sur les événements tragiques du 16 mai est
évidente ; d’autres préfèrent se taire et finissent par s’éloigner poliment.
Quelle que soit leur attitude, tous sont conscients du poids et de l’impact des
images que l’on véhicule d’eux, images réductrices qui se limitent trop souvent
à la réalité socio-économique de cette banlieue casablancaise.
En tant que membre du CMIEC**, je choisis de réaliser le troisième projet du
collectif dans un quartier de Sidi Moumen. Le mode opératoire est simple:
distribuer des appareils photos jetables et donner la responsabilité aux
participants de produire leurs propres images. Après quelques réunions, douze
jeunes, filles et garçons âgés d’une vingtaine d’années, habitants de
bidonvilles ou d’immeubles récents, acceptent de jouer le jeu: celui de décrire
leur quotidien, leur intimité en l’espace de 24 photos. L’appareil photo digital
a été délibérément écarté afin d’inviter à la réflexion avant d’appuyer sur le
déclencheur. En quoi cette scène parle de moi ? En quoi m’engage-t-elle ?
Questions qu’il leur aurait été facile d’éluder s’ils avaient pu disposer d’un
appareil numérique aux possibilités infinies. Les participants disposaient d’une
semaine pour prendre leurs photos.
Vingt-quatre instants de vie, pour chacun des douze photographes, susceptibles
de devenir des traces de mémoire, puisque le projet du gouvernement «Villes
sans bidonvilles» est déjà bien entamé dans Sidi Moumen. La moitié des
habitants du tristement célèbre bidonville Thomas a déjà été relogée.
Quelles images d’eux-mêmes ont-ils envie de véhiculer? Ont-ils envie de garder? Pas question de construire une fausse image. Les photos sont réalisées sans
fausse pudeur et bien au-delà de ce qui nous vient à l’esprit lorsqu’on
mentionne Sidi Moumen. Des photos qui sans nier la réalité en révèlent d’autres
facettes. Certes les ordures, détritus et autres terrains vagues reviennent en
leitmotiv chez quasi chacun des photographes mais en filigrane elles donnent à
voir la banalité du quotidien d’une jeunesse qui vit, rêve et espère un avenir
meilleur que le présent.
* Scénario adapté du roman de Mahi Binebine « Les étoiles de Sidi Moumen » pour
Nabil Ayouch .
**CMIEC : collectif marocain d’import export conceptuel.
"Autoportraits de Sidi Moumen" exposition de photographies
issues d'un projet de prises de vue réalisées par des jeunes du quartier Sidi
Moumen
23 novembre 2010 - 07 janvier 2011, Goethe Institut, Casablanca
Concept du projet: Jamal Belmahi
Production et mise en scène de l’exposition: Goethe-Institut
Les Jeunes participant à l'exposition: Zakaria Assoul, Mehdi Mchichi,
Mehdi Al Darouch, Hamza Jaarane, Farouk Zakouri, Larbi Zoukar, Aymen Adly, Safaa
Elfathi, Sanaa Elfathi, Ayoub Tissant, Ali Mhaittat, Ahmed Al Ramache
Maghrebarts
22/11/2010
Voir également:
Autoportraits de Sidi Moumen
Programmes des expositions et
spectacles:Agenda
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