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"Parmi
les sujets de fond sur lesquels je travaille régulièrement, il y a les
itinéraires, successions de photos d’endroits maintes fois visités, qui se
déclinent parfois en «carnets de voyages», minuscules écrins renfermant des
images de lieux décontextualisés et qui auraient pu être pris n’importe où. J’ai
l’impression que la familiarité que l’on a avec l’endroit photographié se
ressent dans l’image. Pour moi, une photo aboutie est celle qu’un vieil habitant
du quartier, connaissant chaque recoin, chaque relief, ferait de sa rue. Rien de
spectaculaire, juste quelque chose de banal en apparence mais qui fait
l’identité du lieu à qui sait regarder."
Le travail actuel, qui sera exposé
dans différents Instituts Français du Maroc, est une tentative d’intégrer la
photographie à un support multiséculaire dans une approche originale.
Les "louhat" présentés sont à la
fois des réceptacles de tirages retravaillés à la main, mais aussi les objets
photographiés, dans un va-et-vient entre la réalité et sa représentation en
trompe-l’œil.
Texte de SAAD TAZI
L’année prochaine j’aurai 40 ans. J’ai passé un peu plus de la moitié de ma vie,
à ce jour, en dehors du Maroc et à peu près autant à faire des images.
Des images pour voler des instants à
la mémoire qui s’efface, des constructions, des interprétations, et aussi
parfois des images commerciales;
Il y a une dizaine d’années, à
l’occasion d’un séjour à Marrakech, j’ai acheté quelques louhat. J’aimais
l’odeur et le rapport tactile à ces objets. Bien que n’ayant, malheureusement,
jamais étudié dans un Msid, je trouvais, et je continue à trouver à ces objets
une dimension spirituelle autant qu’estéthique.
En les achetant, j’avais une vague
idée de ce que j’en ferais. Je savais qu’elles devaient servir dans un cadre
photographique, mais sans idée préconçue.
Une fois de retour à Paris, les
louhat ont embaumé mon petit espace de travail pendant une longue période.
Je les regardais en m’intérrogeant,
en les interrogeant sur ce que je pourrais en faire, sur la manière de les
utiliser. Sans succès.
Mes louhat muettes m’ont ainsi
accompagné de déménagement en déménagement jusqu’à la côté ouest des Etats-Unis
sans daigner me livrer la moindre bribe, la moindre piste.
Il y’a environ 3 ans, je suis revenu
m’installer à Casablanca, toujours avec les louhats dans mes bagages.
Et puis le déclic a eu lieu il y’a
environ 2 ans. J’ai enfin trouvé une piste.
J’ai commencé par photographier la
texture du bois, sa forme, puis j’ai continué par utiliser le support pour
imprimer des images et pour intervenir dessus à l’aide de pigments et de
matériaux divers.
Début 2005, avec Mounat Charrat,
peintre de Casablanca, nous avons décidé de faire une expérience commune. A elle
de travailler le support comme une peinture, et à moi de rajouter la dimension
photographique. Le résultat a été exposé à Bilbao et a suscité pas mal de
questions et de commentaires de la part des visiteurs de la galerie.
L’exposition à l’IFC est une fenêtre
sur ce travail qui murit doucement.
A côté des louhats, on retrouvera des photos dans une sorte de cercle puisque la
louha sera incorporée dans l’image.
Cette série exprime le va-et-vient
entre un monde en trois dimensions, qui fait appel à 4 des 5 sens, et un monde
de papier en deux dimensions. Ce qui est exposé se retrouve dans les images et
les images se retrouvent elles-mêmes sur les supports qu’elles représentent et
la boucle est bouclée, en ouvrant des portes sur des expériences nouvelles.
Saâd A. Tazi
25 septembre 2005
"Mes Petites Histoires"
Exposition du 11 novembre au 24 décembre
Vernissage le jeudi 10 novembre à 19h00, Galerie 121
Visites guidées (5 personnes
minimum) sur RDV 022 77 98 79.
Pour les enfants, Saâd Tazi assurera une visite de l'exposition suivie d'un
atelier autour de la photographie.
Mercredis 23 et 30 novembre et samedi 3 décembre de 15h à 17h.
Voir également:
Programmes des expositions et
spectacles:Agenda
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