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Un air de la civilisation
arabo-berbère règnera jusqu'en avril 2005 sur la Nieuwe Kerk d'Amsterdam
invitant ainsi les milliers de visiteurs Néerlandais à jeter un nouveau regard
sur la culture marocaine ou de découvrir une civilisation millénaire peu connue
dans cette partie du monde.
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Minbar de la Medrasa
Bouanania
XIV siècle |
Une exposition aussi riche que
diversifiée: Bronzes de l'époque romaine, bijoux phéniciens, Minbar de la
Medrasa Bouanania, un chef œuvre en bois sculpté datant du XIV siècle, des
costumes traditionnels et mosaïques. 300 trésors présentés de manière thématique
et chronologique proposant au visiteur une entrevue avec le Maroc depuis
l'époque préislamique jusqu’au temps modernes.
L'exposition évoque un pays
montagneux, ceint de deux mers et d'un désert où se sont croisées des
civilisations venues d'Afrique, d'Europe ou d'Orient, chacune laissant en
héritage de magnifiques objets et oeuvres d'art.
Le visiteur découvre ainsi un magnifique buste en bronze de Juba II, ce prince
berbère éduqué à Rome à qui l'empereur Auguste rendit, en 25 avant Jésus Christ,
son royaume du Maroc (appelé Mauritania à l'époque). Juba II avait épousé la
fille de Cléopâtre.
Ce buste, une des pièces maîtresses
de l'exposition, fait partie d'une collection méconnue de bronze romains du
musée archéologique de Rabat. Un peu plus loin, des mosaïques d'une villa
romaine au nord de Meknès précèdent des Zellij, ces mosaïques multicolores aux
motifs en filet, héritage des Arabes arrivés en 647.
Avec eux, le Maroc s'islamise et
établit des échanges rapprochés avec le monde arabo-andalou, de l'autre côté du
détroit de Gibraltar. Un "minbar", chaire utilisée par l'imam dans une mosquée
pour son prêche, témoigne du talent des ébénistes marocains: le bois paraît
brodé d'entrelacs floraux et de motifs géométriques incrustés d'ivoire. La
calligraphie prend son essor comme l'illustrent des exemplaires du Coran et de
traités de médecine.
Désireux de montrer le brassage des
cultures qui s'opère au Maroc, les commissaires de l'exposition ont sélectionné
des lampes de hanoukka en bronze utilisées par l'importante communauté juive du
Maroc, arrivée avec les Phéniciens, mais aussi des stèles chrétiennes.
Des poteries bleues de Fès ainsi que de nombreux bijoux contemporains rappellent
la vivacité de l'art dans ce pays désigné comme "l'extrême occident" par les
arabo-musulmans, mais perçu comme un des plus proches pays d'Orient par les
Européens.
De temps en temps, le son d'un
muezzin résonne sous les voûtes de la Nieuwe Kerk. Sous des lampes en fer forgé,
au milieu de l'église, un salon de thé marocain a été installé sur une mosaïque
spécialement composée par des artistes marocains. "J'espère que les gens se
rendront compte que découvrir cette culture est un enrichissement. Inch Allah",
conclut le directeur de la Nieuwe Kerk.
Voir également:
Programmes des expositions et
spectacles:Agenda
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