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La
galerie Tanja Fenn du quartier Dradeb de Tanger organise sa quatrième
exposition de peinture. Après avoir hébergé les œuvres de Abdelwahab Benyaïch,
celles de Mustapha Faïlali, l’expo commune de Mohamed Serroukh et Mohamed
Chahir, elle accueille du 20 mars au 03 avril la première exposition
individuelle de Bilal Chrif, 24 ans, et quatre années d’études à l’Institut
des Beaux –Arts de Tétouan dans les bagages.
Le
choix de la filière arts plastiques ? « C’est parce qu’elle
offre plus de possibilités d’expression, me semble-t-il, que celle du design
ou de la bande dessinée.» Ce choix bien mûri, précédé d’ailleurs d’un
second cycle en arts plastiques au lycée technique Moulay Youssef de Tanger,
n’a tout de même pas été suivi les yeux fermés. Bilal a dû passer, après
les études, par une année à la faculté de lettres de Martil, cela à défaut
d’une inscription au CPR pour se diriger vers l’enseignement : deux
directions qui contredisaient, de toute façon son désir de faire de la
peinture son activité professionnelle.
C’est
ce même désir qui lui fait occuper l’atelier offert par ses parents durant
ses études à Chefchaouen, sa ville natale. Il y travaille régulièrement,
encouragé par l’appartenance à un groupe de plasticiens créé localement,
au nom pétillant de « El Handka », qui, dans le patois local,
signifie « chamboulement », « amalgame », voire « chaos »,
au sens très éminemment artistique du terme. Il y côtoie quotidiennement étudiants
et enseignants des Beaux-Arts, tout se passant comme si la vie elle-même, désormais,
prenait les contours d’une école.
C’est
dans ce contexte stimulant que Bilal, qui a déjà à son actif quelques
participations à des expositions collectives (Chaouen, Tétouan, Casa, Rabat,
et dans les deux ville espagnoles de Malaga et de Cuenca), s’attaque à la réalisation
de la vingtaine de toiles accrochées à Tanja Fenn.
Pour
faire déjà comme les grands artistes, cet admirateur de Degas (qui avouait
lui-même lui-même dans une humilité sans pareille tout devoir aux grands maîtres)
choisit un thème à son expo. Il pense à quelque chose qui soit de l’ordre
de l’élévation spirituelle, il le trouve dans le domaine de l’architecture
musulmane : il opte pour « Minarets ». Toutes les toiles présentées,
dans un usage sans retenue de la technique mixte, déclinent non pas l’image
fidèle d’un minaret, mais l’idée, à travers une figuration plus ou moins
abstraite, de verticalité, de relation terre-ciel, matière-esprit… Il est
assez frappant de retrouver cette notion de verticalité dans plusieurs travaux
de l’espagnol Jose Guerrero (Grenade 1914-Barcelone 1991), l’autre
plasticien préféré de Bilal Chrif. Et celui de nombreux
jeunes peintres espagnols, d’ailleurs.
En
même temps, dans cette première exposition individuelle, «je voulais suggérer
que la relation qui unit tous les éléments de l’architecture musulmane est
prioritairement d’ordre spirituel.»
Évidemment,
en dépit d’une relative clarté du propos, Bila est bel et bien un jeune
artiste, qui en tant que tel se cherche encore et prospecte. Il n’y a pas de
doute que le public de la galerie Tanja Fenn pourrait l’aider à voir encore
un peu plus loin dans ce début de carrière prometteur.
Nacer
OURAMDANE
"Minarets"
œuvres du jeune artiste-peintre Bilal Chrif, lauréat des beaux arts de Tétouan
en 2005
. Son travail est basé sur des formes architectoniques et abstraites
. Il a participé à des expositions au Maroc et à l’étranger
20 mars - 4
avril 2006, Tanja Fenn, Tanger
Voir également:
Programmes des expositions et
spectacles:Agenda
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Arts Plastiques
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