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L'univers marocain avec des
dimensions variées alternant nature morte, sites historiques, habits
traditionnels et portraits d'hommes et de femmes, est savamment mis en scène
dans l'exposition collective "Confluence des talents et des générations", qui se
veut un mélange des techniques et un mariage d'art et d'histoire entre les
peuples.
Organisée en ce début d'année
2005 par la galerie "Memoarts" de Casablanca, l'exposition regroupe une
vingtaine d'artistes nationaux et étrangers qui, fort différents par leur
parcours autant que par leur inspiration, proposent au regard de leurs visiteurs
une collection de toiles mêlant à une maîtrise certaine de l'espace, une liberté
et une spontanéité singulières.
L'exposition se décline en
plusieurs thèmes de différentes formes d'expression, allant de l'abstrait à
l'hyperréalisme en passant par le naïf, le figuratif et d'autres courants
d'expressions qui puisent leur raison d'être dans la mémoire humaine, sans cesse
féconde, des signes et des symboles.
Ancrés dans la culture
marocaine, trois exposants français, Charles Bolaud, Emile Baes et Max Pimehta
puisent leur racine dans cette essence, pour jeter une vue des plus originales
sur les paysages et l'artisanat du Maroc.
Ces artistes chevronnés ne
tentent pas de recopier la terre marocaine, mais d'y ajouter leurs propres
idées, réflexions et expériences. Ils suivent profondément ses secrets, sa
richesse et son tempérament hospitalier.
Composées d'Aquarelles, de
gouaches, de mines de plomb et des huiles sur toiles (à chacun sa méthode), les
oeuvres des artistes marocains tels Belkahia, Zine, Rahmani, Sanoussi, El
Hayani, Latrache, Bennani, Gharbaoui et autres grands noms des arts plastiques,
traduisent par des effets de lumières et de mouvements, un souffle intensément
fort d'originalité.
Alors qu'Ahmed El Hayani,
toujours dans le registre abstrait, utilise une technique picturale mixte,
mariant touches de fusain et huile dans des superpositions de couleurs lyriques,
Abderrahim Latrache, dont le parcours intellectuel l'a amené à des études
doctorales en médecine, a choisi le pastel pour s'exprimer, dans des portraits
et des paysages d'une forte intensité.
Avec ses huiles sur toile d'un
étonnant surréalisme, Abdelilah Rahmani nous donne à admirer ses superbes
réalisations sur toile d'araignée, technique qu'il maîtrise en véritable
précurseur. A ses côtés, Mohammed Sanoussi, qualifié par les critiques de
"magicien de la terre" expose son travail qui renvoie à un ressourcement certain
des origines africaines et berbères.
De l'autre côté de la salle
d'exposition, se côtoient deux magiciens de l'abstrait, Farid Belkahia et
Abdelatif Zine, qui invitent le visiteur à un contact sensuel avec le matériau
qu'ils travaillent si profondément qu'ils renvoient aux oeuvres poétiques les
plus énigmatiques. Quand on le questionne sur la relation "Art-Poésie", Belkahia
trouve les mots justes : "Il existe une attraction mutuelle entre l'art et la
poésie. Mais un dessin ne naît pas d'un poème, ni l'inverse, il faut laisser à
l'image sa liberté", concède-t-il. Ce voyage attrayant au coeur d'une centaine
de toiles exposées, guide le visiteur au monde innocemment magique construit par
la toute petite écolière Nezha Amjahad, qui a trouvé, à l'âge de dix ans, le
goût de composer et de recomposer les visages humains sous forme de jouets,
s'appuyant sur un mélange explosif de traits et de couleurs.
La petite Nezha, visiblement
inspirée de sa "grand-mère" Chaïbia Talal, jette un regard humoristique voire
même absurde vis-à-vis des grands, comme pour leur dire, voilà que mènent
maintenant treize ans de ma vie où j'ai perçu déjà l'absurdité de tous ceux qui
m'entourent, de tout ce qui vit... de tout ce qui bouge.
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