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"Ce que la femme attendait”, pourrait
penser le peintre. Elles sont uniques et plurielles, absentes et
silencieuses. Des vagues, dépouillées de leur écume, les accompagnant par
moment. En différentes couleurs, ces vagues se déroulent dans un rythme
incessant en se parlant en ondulations prolongées.
Elles ont parcouru des années-lumière au gré des vents et des courants.
Inlassablement elles s’allongent sur le sable, se tracassent sur les
rochers, pénètrent dans la terre.
L’idée
de Mohammed Melehi serait d’abord de faire sentir plutôt que de faire
comprendre. Dans ce voyage progressif dans les images, la vague
s’anthropomorphise, l’onde pend corps et le de vient. Un ensemble de
signes apparaît dans les couleurs vives aux puissances déflagrantes :
bleu, vert, jaune, rouge, rose, orange mauve..., chacune prend possession
de son territoire. La rencontre de l’une avec l’autre ne laisse aucun
interstice. Elles collent à la peau. L’image entre en plénitude. Elle
persiste dans les préoccupations héritées du modernisme : abstraction,
couleur, interaction contextuelle et intégration du quotidien. L’oeuvre de
Mohammed Melehi est une cité qui autorise une exploration critique, en
continu de la réalisation et de la présentation de concepts culturels. Des
points d’ancrage président à l’évolution des tableaux. Il y a le “Hard
Edge”, mouvement artistique américain, sorte de peinture minimale,
élaborée avec des couleurs simples et souvent primaires comme l’a réalisé
Ellsworth Kelly. Et bien avant, il convient d’évoquer Piet Mondrian qui
écrivait que “tout se compose par relation et réciprocité”. L’autre point
serait une abstraction géométrique. Les formes y sont plus nombreuses à
l’intérieur de la toile. De nouvelles évidences émergent sans briser
l’unité de l’ensemble. De toute façon, Mohammed Melehi a tiré son parti de
l’enseignement de Joseph Albers au Bauhaus et au Black Mountain collège :
celui du pouvoir de la couleur sur l’oeil et l’esprit.
Aujourd’hui, les formes géométriques et stylisées, entre croisées,
modulent l’espace au point de rendre le vide tangible. Elles s’inversent
dans une dialectique sans fin, portées par le langage et sa capacité
d’entraîner vers l’erreur et le vrai.
L’artiste oscille entre la raison et l’éros du peint. Ce que l’on voit ne
doit pas nécessairement être cru, car les rencontres arrivent toujours
hors rendez.
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