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On a l’habitude de présenter
Mohamed Lagzouli en égrenant les divers métiers qu’il a pu exercer:
jardinier, coiffeur, cafetier, brocanteur, et même, actuel retraité… Comme si
son art– qu’on qualifie de naïf ou de brut– était susceptible d’être
éclairé par ses expériences professionnelles. Si Mohamed Lagzouli s’inspire
de la réalité bigarrée qui l’entoure, c’est surtout son regard qu’il nous
expose. Ses tableaux nous recomposent, non sans humour, une pluralité
d’univers et de tranches de vie au Maroc: scène de rue ou de vie rustique,
monde de l’artisanat ou du hammam, confrontation cocasse avec les touristes
occidentaux…
Mohamed Lagzouli nous tend ainsi
un miroir au gré de ses rencontres et de ses voyages. A son tour aussi de se
glisser dans la peau du touriste à l’occasion d’un séjour parisien…
Observateur espiègle, il s’amuse des mœurs et de la folle vie papillonnante
à Paris, au mois d’août, que ce soit au Troca ou à Pompidou. Pas d’exotisme
ici, juste la simple envie de la rencontre avec l’autre.
Ainsi Mohamed Lagzouli va
au-delà des polémiques suscitées par la question de l’art brut– sur la
nature de cet art, le rôle délicat du marché, l’image du Maroc ici
véhiculée. Au-delà de toute terminologie, ces œuvres rappellent les propos
de Jean Dubuffet dans L’Art brut préféré aux arts culturels (octobre 1949):
"Nous entendons par-là des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de
culture artistique dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui
se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs
auteurs y tirent tout (sujet, choix des matériaux mis en œuvre, moyen de
transposition, rythmes, façon d’écriture etc.) de leur propre fond et non
des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode.
Nous assistons à l’opération
artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases
par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions…»
Mohamed Lagzouli a exposé
récemment à la
troisième biennale internationale de Laval, consacrée à l’art naïf sur le
continent africain, et à de nombreuses reprises en France et au Maroc.
Ultime consécration: plusieurs de ses œuvres figurent désormais au musée de
l’Art brut Dubuffet de Lausanne. Pour encore mieux apprécier les oeuvres de
cet artiste de près, à l'Institut français de Rabat qui l'accueille du 31
mai au 13 juillet 2005
Exposition de
Mohamed Lagzouli
31 mai au 13
juillet 2005, Institut français, Rabat
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