|
Nouvelle
exposition de l’artiste plasticien Larbi Cherkaoui, qui continue sur sa
lancée avec sa thématique originale de la lettre, sa brillante gestualité
toute fibres et toute nerfs, ses tons pigmentés n’allant pas (sciemment)
au-delà de trois ou quatre couleurs généralement chaudes, pour assurer et la
profondeur et les contrastes cibles, - formule éminemment personnelle de l’artiste.
Désormais
reconnu, son style a toujours eu pour mobile fondamental celui d’entreprendre
d’abord une vaste et systématique investigation de l’espace pictural, en
comptant en parallèle avec chaque vibration graphique ressentie, la plus douce
comme la plus tonique, afin d’aboutir à un rendu ordonné au maximum et par
conséquent harmonieux.
Depuis
longtemps déjà, Larbi Cherkaoui a réussi à libérer la lettre de sa
technique d’application usuelle, d’un sémantisme adipeux et de son
esthétisme bon marché. Pour en faire, à sa manière, une bien mystérieuse
vocalise chromatique (au sens où l’entendait Kandinsky), où les formes s’apparentent
à un alphabet « démiurgique » éclaté en autant de mouvements sonores et
autrement sacral, en autant de traces filamenteuses, parfois d’éclair.
On
pourrait y déceler une adhésion implicite à une abstraction lyrique faisant
écho du moins à un Jilali Gharbaoui sinon à un Hartung donnant l’impression
d’improvisations sur-le-champ.
Poursuivant
méthodiquement son travail, Cherkaoui veille à ce que la lumière accorde
signes, taches, traits et fond. L’idée d’automatisme ne serait pas
étrangère à cette dynamique plastique qui rompt totalement avec la tradition
scripturale en matière d’art calligraphique. On y relève par coïncidence
une tension quasi dramatique inhérente aux tons sombres, un enchevêtrement de
lignes symptomatique d’anxiété, que l’artiste cherche à démêler au
moyen d’un quadrillage qui compose et, en même temps, ne semble guère
composer avec l’ensemble. Car, à notre avis s’entend, le souci majeur de
Cherkaoui ne serait pas exclusivement dans un agencement plastico-lettral à
visée spectaculaire (l’artiste ne veut somme toute tirer de la lettre que sa
force suggestive), mais dans ce qu’il pourrait être possible d’extraire de
ladite lettre tout en la néantisant, celle-ci étant considérée d’un côté
comme plastique à part entière, de l’autre comme l’expression inédite d’un
langage métamorphique.
Abderrahman
Benhamza
14/11/2008
Voir également:
Programmes des expositions et
spectacles: Agenda
Retour page
Arts Plastiques
|
|